Tame Impala – Currents

Rating: 7.0 from 10
Note
7.0
Twist & Sound a écouté et Twist & Sound vous donne son avis.
Rating: 0.0 from 10
Note
0.0
Summary rating from 0 user's marks. You can set own marks for this article - just click on stars above and press "Accept".

Twist & Sound a réuni son conseil de guerre suite à la sortie du nouveau Tame Impala pour vous concocter une review à 8 mains. Il y a eu du sang, des larmes et de l’opposition à l’écoute de cet album qui a scindé la rédaction en deux. De quel côté vous rangerez-vous? Retrouvez donc l’avis de nos fantastiques journalistes.

L’avis de Cyril

Les habitués du Tame Impala d’ « Elephant » et de son rock psychédélique seront déçus par Currents: ce nouveau Tame Impala change complètement de style. Monsieur Parker a visiblement passé plus d’une chanson avec Mark Ronson, et s’installe ici dans la pop (un peu psyché quand même). De la pop électro, parfois même disco avec des arrangements ultra soignés m’ayant fait un peu penser au dernier Daft Punk. Voix fluette et vocoder et autres bizarreries en tout genre, bien loin des deux derniers opus du groupe australien. Passé l’effet de surprise et si on lui enlève l’étiquette rock qui faisait la marque de Tame Impala jusqu’ici, ce Currents reste un bon album, plein de mélodies pour le moins difficilement comparables à quoi que ce soit.

L’avis de Kevin

La douche froide. « Let It Happen » m’y avait un peu préparé, mais la suite est encore moins glorieuse. Kevin Parker a décidé d’abandonner tout ce qui le démarquait de l’industrie pour pondre un album pop, agrémenté d’électro, et de façon très lointaine de psychédélisme. Le résultat est souvent cucul et de mauvais goût. Alors, certes, c’est très carré, bien arrangé, mais ça ne rend pas la chose plus digeste. Dans quel univers peut-on se dire que « Past Life » est une bonne chanson ? Que le pont de « Let It Happen » est bien foutu ? Comme je suis un peu de bonne foi, je vais admettre que certaines chansons sont plutôt sympa ; « The Moment » est très cool, « Eventually » passe bien et je pleure toutes les larmes de mon corps que « Nangs » n’ait pas été allongée – quel potentiel !
Bref, je n’aime pas la direction prise par Tame Impala, et donc ce Currents. Mon jugement ressemble à celui d’un vieux con qui n’aime pas que les choses changent, il est vrai, mais après les deux claques qu’étaient ses précédents albums, le nouveau Kevin Parker fait quand même bien pâle figure.

L’avis de Jean-Adrien

Il y a au final deux façons de percevoir ce nouveau Tame Impala qui ont été parfaitement résumées par mes deux compères : rejeter en bloc le changement car le précédent style rock psyché de Kevin Parker a accouché de deux albums fabuleux qui ont influencé de manière profonde le son des années 2010-2014 (on ne compte pas les groupes qui ont été classifiés de Tame-Impalesque, c’est quand même quelque chose de créer son style et de se faire copier) ou bien accepter le changement car le renouvellement est quand même le propre d’artistes qui dure (David Bowie serait-il aussi iconique sans tous ses changements de styles musicaux et de modes?). Kevin (le nôtre) a fait le premier choix, Cyril a fait le deuxième.
Pour ma part j’ai décidé ironiquement de rester entre les deux (dédicace à toi François Bayrou si tu nous lis). Je suis plus modéré que Kevin car je trouve que cet album n’est pas fondamental mauvais, il est même plutôt sympathique. Dommage toutefois que les meilleures chansons soient « Gossip » et son potentiel illimité ainsi que « Nangs » : ces deux chansons courtes très planantes à forte influence électro aurait pu accoucher d’un style intéressant. Doublement dommage. Mais Kevin Parker sait toujours manier la basse (sa marque de fabrique) et on peut citer « The Moment » qui est vraiment très cool, « Yes I’m Changing » et son côté nostalgique ou « Eventually » qui se laisse bien écouter. Au final la première moitié est réussie, pas la 2e. A la longue je trouve même « Let It Happen » très bonne (malgré son pont totalement foiré, qui trouve encore que l’effet vinyle rayé est classe depuis les djs amateurs du début des années 2000?) bien qu’elle ne comporte aucune guitare et cela reste finalement la seule chanson qui aurait pu figurer sur Lonerism à mon sens.
Mais si ce nouveau style doit être accepté il ne peut l’être sans avouer que c’est fade, ça manque de guitares pour lesquelles l’australien est si doué, c’est cucul et un peu trop disco et surtout le falsetto omniprésent de Kevin « New Bee-Gee is in da house » Parker ne lui va pas et le rend mièvre. Kevin assume pourtant totalement ce changement et l’affirme dans « Yes I’m Changing ». Le changement c’est bien mais encore faut-il qu’il soit bon, surtout connaissant le talent du Monsieur. Dur de se démarquer dans ce monde de plus en plus pop/électro et ce choix de changement n’est peut-être pas le plus approprié.
En bref, Kevin Parker a voulu montré ses influences pop années 80 et finalement c’est peut-être bien s’il a voulu faire une musique qui lui plaît plus. Mais quitte à changer il aurait pu rester dans le style funky-Ronsonesque de « Daffodils ». Allez va on t’aime quand même Kevin. Rattrape toi bien vite!

L’avis d’Alexandre

« Génial! » Lélé, cité par Jean-Adrien

  • Eventually, The Moment, Let It Happen, Gossip