Daft Punk – Random Access Memories

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Random Access Memories Daft Punk 2013, Daft Life, Columbia, Disco Deezer iTunes par Jean-Adrien et Cyril
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Random Access Memories
Daft Punk
2013, Daft Life, Columbia, Disco
NOTE
par Jean-Adrien et Cyril

L’avis de Jean-Adrien
Déjà plus de deux semaines que Random Access Memories est sorti et il déchaîne toujours autant les passions. Twist & Sound a un peu tardé pour laisser passer la vague de reviews et offrir un point de vue avec plus de recul. Car il faut dire que tout le monde a voulu mettre son grain de sel. On aime, on déteste mais cet album laisse rarement indifférent. Pourtant c’est un exercice difficile de le juger en toute honnêteté. Par hype ou effet de mode beaucoup de journalistes essayent de se convaincre que c’est l’album du siècle (et ainsi paraître hype), a contrario, par jalousie et contre-effet du marketing de masse d’autres journalistes prennent soin de détruire consciencieusement ce que les Daft ont construit. Je suis outré.
Outré car il fallait toute l’audace et le talent de Daft Punk, la liberté artistique également, pour penser et concevoir un album de la sorte. Car au délà du fait que Random Access Memories accroche plus ou moins le public selon le goût musical de chacun, il faut bien reconnaître que cet album (d)étonne dans les sorties actuelles. Inclassable, hors standards et tout simplement unique. Certains lui reprocheront son relatif manque de rythme, son inspiration 70’s parfois redondante, mais on ne peut pas lui reprocher d’être parmi les disques les plus travaillés de cette année, sans cesse dans la recherche de l’émotion et du plaisir musical.
Car les Daft Punk se sont bel et bien fait plaisir sur ce disque. Un hommage aux musiques et musiciens qui les ont inspirés. Avec en bonus fou la collaboration de Giorgio Moroder et Nile Rodgers qui font eux même partie de ces inspirateurs. Un pur bonheur, le passé et le présent réunis pour un disque magnifique, enregistré entièrement en studio (avec des vrais morceaux de musiciens à l’intérieur) et produit à la perfection. Mais que vaut-il donc exactement puisque je tourne autour du pot depuis déjà quelques minutes.
Pour faire (relativement) court, cet album est génial. Certes je suis un grand fan du duo et mon point de vue est peut-être biaisé. Il n’empêche. Il n’y a qu’à écouter le début de « Give Life Back To Music » pour se convaincre que cet album va être excellent. Des guitares, de la basse et une batterie qui sonnent humaines. Ironique venant de deux robots. Le vocoder en a même un goût différent, il colle parfaitement à la musique. Et surtout la mélodie est accrocheuse, on veut continuer. Vient ensuite « The Game Of Love », pop song mélancolique qui nous renvoie aux plus belles heures des 70’s, mais toujours avec ce vocoder qui brouille les époques. Puis vient le premier grand moment de l’album, « Giorgio By Moroder ». Quel régal d’entendre Giorgio parler, lui par qui tout ou presque a commencé. Sans son oeuvre cet album n’aurait probablement pas eu lieu et sans sa collaboration cet album aurait une saveur différente. Car on tient bien là un chef d’oeuvre, un morceau fleuve en forme d’hommage à la carrière de Giovanni Giorgio Moroder, que tout le monde appelle Giorgio. On passe par le disco, le jazz fusion, la dance music mais tout est tellement en place et parfaitement composé que l’on se dit que cet album va dérouler sans accroc jusqu’à la fin. On traverse alors « Within » tout en douceur de piano (merci Gonzales) puis « Instant Crush » avec un peu plus de perplexité (Mais à quoi sert donc Julian Casablancas? Grande question depuis quelques années) pour ce qui est pour moi la seule déception de l’album. Mais tout s’efface rapidement devant « Lose Yourself To Dance », disco à souhait et parfaite pour les dancefloor. Elle reste moins dans la tête que « Get Lucky » mais fait tout aussi bien son affaire, nous renvoyer quelque part dans les années 70, nous donner envie de danser et nous en mettre plein les oreilles. Première partie de l’album finie et on est déjà satisfait.
La deuxième partie attaque avec « Touch », collaboration avec Paul Williams que les Daft Punk qualifient de clé de voûte de leur album. La pièce centrale, une pièce de choix, dense et magnifiquement composée, qui rappelle avec délice le meilleur des songwriters des 70’s, Paul Williams himself ou Todd Rundgren en tête. Cette chanson est surtout chargée de sens et d’émotions, de par le parallèle entre cette histoire de robot qui se souvient et du passé d’alcoolique de Paul Williams. Un beau moment. « Get Lucky » tranche ensuite pour nous proposer ce concentré de dance music hyper efficace que l’on entend partout actuellement. La version album est en plus meilleure que la version radio. J’adore. « Beyond » propose une intro orchestrale magistrale pour une chanson moins accrocheuse que le reste mais néanmoins intéressante. « Motherboard » est tout bonnement excellente, un des autres grands moments de l’album, dans un style un peu expérimental assez proche de Air (notamment le son des guitares), pour le seul morceau entièrement instrumental de l’album. Vraiment excellent. « Fragments Of Time » est une ballade pop avec l’aide de Todd Edwards au chant, qui rappelle l’inspiration des groupes californiens des années 70. Puis « Doin’ It Right » en collaboration avec Panda Bear propose quelque chose de plus électronique et assez intéressant, avec le vocoder utilisé comme instrument, pour un résultat fait d’harmonies vocales qui colle bien avec l’idée que l’on se faisait d’une collaboration entre les deux univers. Du beau boulot. Et l’album se clôt par « Contact », sorte de décollage cosmique complètement fou, utilisant le seul sample de l’album pour un final électronique en apothéose où l’ancien son Daft Punk revient au galop. L’album se termine, on relance la machine à « Give Life Back To Music » et on se dit qu’au final cet album est génial et saura trouver la place qu’il mérite, sans hypocrisie ni effet de mode. Le temps fera son oeuvre.
Cyril’s Word
It is not an easy task to review this album. All the hype around the single « Get Lucky », along with a very-well orchestrated promotion slowly unveiling the content of the album and its famous « collaborators ».. Was it worth it? In short: yes it was. Something important here to note is that I am not a fan of Daft Punk. If I found their first two albums excellent I was clearly disappointed by Human After All, and did not find the TRON soundtrack utterly exceptional. But I was convinced by RAM. First thing you notice: the production is perfect. This album could be the best test for an audio system, just like Dark Side of the moon was in the 70s. Forget about electronic dance music here: Daft Punk used the best old-school production processes, the best musicians, and only one sample (in « Contact »). The album could be out of the late 70s and produced by Alan Parsons or a bit later by Quincy Jones. It has absolutely nothing to do with the raw power of previous productions. Nothing.
The whole story around the album had been well managed by the band: as the first track puts it, they want on RAM to « Give Life Back to Music ». « The Game of Love » then sets up a very Alan Parsons’ atmosphere as an intro to one of the best part of the album: Giorgio by Moroder. Based on a the story of how disco was basically invented by Giorgio, the song evolves into a kind of Weather Reportesque improvisation, with amazing drums by Omar Hakim (who worked with Weather Report, Sting, Dire Straits and many more). Collaborations go on with « Within » featuring Gonzales. This song and « Instant Crush » (Julian Casablancas is probably doing the best thing he has done over the past few years) tend to be in the continuation of what was set up by the first tracks: something that sounds very 80s, not only disco put also pop and electronic. Everything from the sound of the drums to the synthesizers lets you think the LP was recorded in some studio involving red carpets, disco ball, Quincy Jones and gold medals everywhere. Not that I usually like this kind of sound, but you have to admit the result is a a real tribute to those years. « Lose Yourself to Dance » is not as catchy as the other song featuring Pharell Williams « Get Lucky », and might be the weakest material of the album if any was to be chosen. The album is pretty long and there you’ll have to change disc, because of course you will have bought RAM as a vinyl LP for at least twice the price of a CD.
Second part of the album is somehow more electronic and involves Paul Williams’ song writing on the very worrying « Touch », which reminded me of some of Roger Waters work. Synths are everywhere, light guitar riffs, hi-hat sounds perfect. « Get Lucky » is certainly one of catchiest tunes they could have produced, everything in there would have fitted in a teaser for Scarface or the video game « GTA: Vice City ». It really is all about Nile Rodgers’ crazy riff and the incredible bass line (Nathan East is behind it, no wonder why it sounds so good).
One force of the album is that it does not go down at any point. It may very well get better in the end to be honest. The orchestral « Beyond » is one of the only material with only Daft Punk vocoders as lyrics followed by « Motherboard » which is one of my favourite. I think it has some AIR’s style here, a real space feeling and some light guitars on the back and plenty of different instrument playing in something that I would have never thought finding in a Daft Punk record. Most of the songs – including « Fragments of time » featuring Todd Edwards are built around a simple structure: setting up the atmosphere, lyrics with the collaborator, then the rhythm somewhat rises and everything changes, Daft Punk adding their own famous vocoders and effects to the track. What is also good is that each collaborator clearly left his touch. « Doin’ It Right » is one of them, Panda Bear being all over the place. The conclusion of the album « Contact », is completely different from the rest of the album: it is the only one that includes a sample and gets back to Daft Punk as we knew them. As if the band needed to put their strong signature at the end of this polished, perfectly produced and quite amazing album.

Track list
1. Give Life Back to Music (featuring Nile Rodgers)
2. The Game of Love
3. Giorgio by Moroder (featuring Giorgio Moroder)
4. Within (featuring Chilly Gonzales)
5. Instant Crush (featuring Julian Casablancas)
6. Lose Yourself to Dance (featuring Pharrell Williams and Nile Rodgers)
7. Touch (featuring Paul Williams)
8. Get Lucky (featuring Pharrell Williams and Nile Rodgers)
9. Beyond
10. Motherboard
11. Fragments of Time (featuring Todd Edwards)
12. Doin’ It Right (featuring Panda Bear)
13. Contact (featuring DJ Falcon)